lundi 17 octobre 2005

Paris sera toujours Paris…

Pff… Quel titre à la con.

Or donc je viens de passer le week-end à Paris. C’est pas la première fois que je vais à Paris, mais je crois bien que c’est la première fois que j’y vais « pas en touriste » et surtout en tant que Français. Ce que je veux dire par là, c’est que ces dernières années, quand j’allais à Paris, c’était pendant les vacances d’été, de retour des États-Unis, et bien souvent en compagnie d’Américains. C’était donc la première fois que je me rendais à Paris à l’Automne, et surtout dans un but non-touristique.
Bref, tout ça pour livrer quelques impressions qui germèrent en moi au cours de mes promenades du week-end.

Tout d’abord un petit phénomène amusant qui va sembler une évidence à tous les Parisiens. Paris est constituée de quartier si différents les uns des autres, quand on marche de l’un à l’autre, la transformation se fait petit à petit et on ne s’en rend pas vraiment compte, mais avec le métro c’est une toute autre histoire. Il m’est arrivé d’avoir un étrange sentiment de téléportation, tellement le quartier de départ et le quartier d’arrivée peuvent être différents. Et c’est pas une histoire de métro, je le prenais quotidiennement quand je vivais à Toulouse, et même à NYC ou Washington D.C. je n’ai jamais eu une telle impression. Je crois que je l’ai surtout ressenti là fois où j’étais à Passy et que je pris le métro pour le 18ème. Je vous conseille de tenter l’expérience.

Une autre impression qui m’a marqué, étrangement, c’est le fait que dieu que les filles sont belles. Je sais pas si c’est parce qu’il y a tant de mannequins que ça à Paris, ou que c’est une ville extrêmement multiculturelle (quoique la diversité des touristes joue énormément sur cette diversité dans les rues), ou si les Parisiennes sont si belles que ça, mais j’étais vraiment impressionné (et c’est un mec qui vient de passer 5 ans en Floride qui vous le dit). Je comprends mieux aussi pourquoi les Américains sont toujours épatés par la minceur des Françaises. Il fallait bien sûr comprendre « la minceur des Parisiennes ». Parce que je veux pas me faire trop d’ennemies, mais dans le Sud de la France, depuis que je vis aux Etats-Unis, j’étais surtout épaté par le manque de minceur des Françaises. Certes, les grosses sont moins grosses qu’aux US, mais leur nombre est quand même presque aussi important. Pas à Paris. Je ne sais pas d’où ça vient, je soupçonne un mélange de beaucoup de marche quotidienne, de nourriture légère, de stress permanent et de pollution qui leur permet de garder la ligne. Un autre facteur est aussi la taille des filles. J’avais du mal à croire le nombre de filles mesurant 1m80 voire plus que je croisais. J’ai même croisé deux filles aussi ou plus grandes que moi. Du jamais vu. Et cette taille souligne encore plus leur minceur. Donc oui, les Parisiennes sont vraiment grandes et minces. Ou alors la proportion de mannequins immigrées à Paris est absolument énorme. Et avec l’entrée des pays de l’Est dans l’UE ça doit jouer aussi.
Et puis je dois dire que je ne suis pas insensible à cette nouvelle mode qui consiste à porter des bottes avec des jupes, je dois dire que je trouve ce mélange de vulgarité et de classe tout à fait intéressant et plaisant.

Passons maintenant à tout autre chose. Le forum des Halles. Ce lieu est une aberration, je pense que je suis ni le premier ni le dernier à le dire, mais ce n’est pas tant de ça que je voudrais parler plutôt de la faune qui l’habite.
Tout d’abord les goths. Marrant, je croyais que cette espèce n’existait pas vraiment en France ou alors plutôt dans un style risiblement romantique. Non là, c’était plutôt la faction Marylin Manson du gothisme, et ils portaient des panoplies qui ne dépareilleraient pas dans un mauvais film cyberpunk à petit budget. Mais bon, si ça les amuse. Ils font pas de mal et le ridicule ne tue pas.
Plus intéressant, mais plus triste aussi, c’est les gamins des banlieues qui passent leur week-end à traîner aux Halles parce qu’ils n’ont rien d’autre à foutre de leur vie, pourquoi les Halles, je ne sais pas, mais ce qui m’interpella surtout était leur accoutrement (oui, j’ai beaucoup regardé les fringues des gens ce week-end, me demandez pas pourquoi). Ils s’habillent vraiment comme les rappeurs américains. Ce que je trouve assez triste finalement. Tout d’abord, parce que comme role model, les rappeurs US, on a vu mieux, mais il y a aussi un côté plus sociologique qui parle ici. Ces gamins, pour la plupart noirs (et quelques beurs aussi) semblent non seulement ne pas avoir de culture qui leur est propre (nous pouvons remercier la colonisation, puis la ghettoïsation dans les banlieues pour cela), mais ils choisissent comme culture d’adoption ce qui se fait de pire dans la culture d’un autre peuple qui fut dépouillé de sa culture dans le passé (les noirs américains donc). Et déjà aux US, c’est triste de voir que la jeunesse noire à embrassé dans sa grosse majorité le pire de sa culture et délaissé le meilleur, c’est triste de voir que cette culture fait tache dans d’autres groupes culturels : les hispaniques et même les blancs parfois, mais là de voir à quel point elle est présente chez ces jeunes aux cultures originelles si riches (les cultures africaines pour ceux qui suivent plus), je me dis qu’il y a vraiment quelque chose de pourri dans ce monde… Oui, bon je l’ai pas découvert ce week-end non plus.

Changeons maintenant de quartier, de rive, de monde. Je vais maintenant bien sûr parler de St Germain des Prés !
Ah St Germain ! Il est vrai que c’est un des plus beaux quartiers de Paris, c’est en tout cas l’un de mes préférés, malheureusement, il est victime de son succès et de son passé. Oui c’était le quartier des grands écrivains, des grands penseurs du siècle précédent. Mais c’est le passé tout ça. D’accord, les maisons d’édition sont toujours par là, pas mal d’écrivains y vivent aussi. Mais ça s’arrête là, ils seraient ailleurs, ça ne changerait pas grand-chose. Et aujourd’hui quand je marche sur le boulevard St Germain et que je passe devant les terrasses des célèbres cafés dont je tairais le nom pour ne pas leur faire de pub, je ne vois pas des artistes en train de révolutionner la littérature et la pensée moderne, mais des touristes, ou pire des Parisiens, qui se donnent des grands airs, essaient d’avoir l’air intelligent parce que faut pas déconner, ils sont à St Germain, et finalement ils ne font que devenir les clichés d’un cliché dans un simulacre bien triste, qui insulte ce qu’a pu être St Germain un jour. Ce que j’ai du mal à comprendre c’est ce que font les vrais écrivains dans ces cafés parfois. Seraient-ils eux aussi victime de ce simulacre ? J’en ai bien peur.

Un autre truc vraiment parisien qui m’intrigue (et je pense que j’aurais le temps de développer quand j’y retournerai) c’est l’importance des apparences, là plus que partout ailleurs (j’ai envie de dire même plus que Miami...). Je parlais juste au-dessus des poseurs dans les cafés de St Germain, mais ça va bien au-delà. Il y a aussi dans Paris une volonté d’être « bien habillé » permanente. D’un côté c’est pas mal, ça fait du bien aux yeux, mais de l’autre c’est un peu trop parfois, ça donne un côté vraiment superficiel aux gens, même s’ils ne le sont pas forcément. Un autre effet pervers de ceci est le nombre de gens, là-bas plus qu’ailleurs, qui jouent là-dessus, même s’ils n’en ont pas les moyens (pas forcément financier), je veux parler de tous ces gens dont j’ignore l’histoire, mais qui sont, d’une façon où d’une autre, des laissés pour compte. Ils ont une façon toute particulière de se vêtir, comme s’ils voulaient essayer de sauver les apparences coûte que coûte, le problème étant qu’ils ne font qu’essayer, ils ne sauvent rien du tout. Je pense en particulier à ces hommes aux costumes cravates défraîchis comme si le fait de porter un tel costume pouvait cacher quoique ce soit à leur statut d’homme qui ne porte pas de tels costumes dans leur profession (profession qu’ils n’ont pas la plupart du temps), ou de ces jeunes losers étant convaincus d’être des cadors et qui ne trompent qu’eux mêmes.
Ce genre de personne existe certes partout, mais nulle part ailleurs je n’en ai vu autant.

Et pour en finir avec les apparences, ça y est, le iPod est en France, et il se montre. Les fameux écouteurs blancs poussent partout dans les oreilles des gens, et pire, à Paris il est du dernier chic de mettre son iPod Shuffle ou autre lecteur mp3 du même acabit autour de son coup pour être sûr que tout le monde le voit bien. Finalement c’est encore vrai que les Français (car je suis certain que ceci est déjà en train de se répandre sur toute la France comme une traînée de poudre) font les mêmes conneries que les Américains quelques années plus tard.

Normalement, je retourne à Paris dans une semaine, il est plus que probable que j’aurais deux trois trucs à rajouter.

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